Ulpiana / Iustiniana secunda

Mission archéologique franco-kosovare au Kosovo (MAFKO)

La MAFKO est une mission archéologique européenne bénéficiant du double soutien du ministère des affaires étrangères et européennes (2018-) et du bureau de l’Union européenne au Kosovo (2019-). Depuis 2017, elle s’inscrit dans le cadre d’une coopération scientifique et universitaire entre AOROC (CNRS- PSL/ENS, EPHE), l’université de Prishtina, le ministère de la culture, de la jeunesse et des sports du Kosovo, son Institut archéologique du Kosovo, coopération étendue en 2019 à l’entreprise Géocarta et en 2020 à l’Université de Roma 1 -La Sapienza. Elle étudie l’évolution du tissu urbain de la cité d’Ulpiana-Iustiniana Secunda du IIe au VIIe siècle, par des fouilles stratigraphiques ciblées ayant recours aux dernières méthodes archéométriques et des prospections géophysiques à grande échelle.

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Partenaires institutionnels

AOROC - UMR8546-CNRS/ENS CNRS - Centre National de la Recherche Scientifique ENS - Ecole Normale Supérieure | Paris EPHE - Ecole Pratique des Hautes Etudes European Union Office in Kosovo IAK _ Institut archéologique du Kosovo LabEx TransferS MAE, Ministère des Affaires Etrangères, France UNIVERSITY OF PRISTINA, Kosovo

Le site

Le site archéologique d’Ulpiana se trouve sur le territoire de la commune de Gračanica à huit km au sud-est de la capitale du Kosovo, Prishtina. Il s’étend sur trente-cinq hectares d’une plaine agricole, et se trouve au carrefour de deux axes majeurs de circulation entre les parties occidentales et orientales de l’Empire romain. Situé en Mésie Supérieure au Haut-Empire et en Dardanie dans l’Antiquité tardive, le municipe créé par Trajan (dans le cadre de la conquête de la Dacie) et refondé sous Justinien, constituait l’une des bases arrières du front danubien. Son implantation était liée aussi à la présence de mines de cuivre et d’argent situées à proximité. La cité finit par se trouver sur la route des grandes zones d’incursion des barbares au cours des Ve, VIe et VIIe siècles après J.-C. L’histoire du site fut donc riche et mouvementée.
Le site n’a fait l’objet que de fouilles limitées depuis sa découverte en 1953, puisqu’à peine 2,5% de sa superficie ont été dégagés. Presque entièrement préservé d’un point archéologique, il permet l’étude d’une cité romaine sur le temps long du IIe au VIIe siècle après J.-C. Il présente des séquences archéologiques intactes et particulièrement riches pour l’Antiquité tardive et le Haut Moyen-Age.

Le projet

Notre projet porte sur l’évolution des espaces publics et de la topographie religieuse de la cité d’Ulpiana en Dardanie au cours de l’Antiquité tardive. Il porte une attention particulière à la fin des temples et à l’apparition des églises dans le tissu urbain de la cité.
- Il se concentre sur le cas d’une église située à une centaine de mètres au sud de la porte septentrionale du municipe de Trajan et le long du cardo maximus. Cette dernière a trouvé place dans l’angle sud-est du portique d’un temple abandonné. Elle finit par recevoir une enceinte à l’heure où le tissu urbain subit de profondes transformations et où apparaît un nouveau centre urbain à peine à 1 km à l’est de l’emplacement de l’ancien chef-lieu de l’Ulpiana du Haut-Empire.
- Etablir une chronologie précise de ces différentes phases est un enjeu important pour comprendre le poids respectif des facteurs naturels, militaires, politiques et religieux d’une cité illyrienne dans l’Antiquité tardive.
- Notre projet a aussi un autre objectif, qui n’est pas sans importance pour notre connaissance de l’urbanisme de l’Illyrie durant l’Antiquité tardive, pour sa dynamique économique et plus largement pour l’avenir de l’archéologie au Kosovo : l’étude des faciès céramiques.

Les méthodes d’investigation

Notre recherche est de nature plurisdiciplinaire, puisqu’elle a recours, de façon raisonnée, aux dernières méthodes archéométriques (chimiques, paléobotaniques, etc.), aux relevés appliquant les dernière techniques (photogrammétiques, 3D, SIG, base de données en ligne), tout en appliquant une démarche stratigraphique la plus fine possible. Elle combine cette approche par le recours aux dernières méthodes géophysiques (ARP, radar), pour replacer nos travaux dans le cadre plus large de l’étude de la totalité de tissu urbain des deux agglomérations qui se sont succédées sur le site du IIe au VIIe siècle.

Porteurs du projet

Christophe J. Goddard (CNRS, AOROC)
Michel Dabas (CNRS, AOROC)
Milot Berisha (Institut archéologique du Kosovo)
Arben Hajdari (Université de Prishtina)
Marco Maiuro (Università Roma 1 - La Sapienza)

Auteurs des cartes

M. Dabas (AOROC)
Christophe J. Goddard (AOROC)
V. Bernollin (AOROC)
F. Berisha (U. Prishtina)

Partenaire institutionnels

European Union Office in Kosovo

Ministère de Affaires étrangères et européennes